Adjuvant Matrix-M de Novavax – Un progrès ? Ou pas…
L’entreprise de biotechnologie Novavax a mis au point un nouvel adjuvant, qu’elle a nommé Matrix-M. Elle annonce, par un communiqué de presse publié le 20 janvier 2026, qu’elle vient de signer un accord de licence avec Pfizer, qui pourra dorénavant utiliser Matrix-M.
Est-ce un progrès ? Une bonne nouvelle ? Notre analyse ci-dessous.
Quelles sont les déclarations officielles sur cette nouvelle technologie d’adjuvant ?
Cet adjuvant ne contient pas de sels d’aluminium.
Il s’agit évidemment d’un sujet de débat important », a déclaré Elaine O’Hara, directrice de la stratégie de Novavax. « Notre position est que nous disposons d’un adjuvant qui ne contient pas d’aluminium, ce qui … constitue une alternative très, très solide pour les entreprises” (Reuters).
Le point de vue d’E3M sur ce récent adjuvant remplaçant l’aluminium
L’association E3M devrait s’en réjouir, elle qui mène depuis 2013 une campagne Pour des vaccins sans aluminium !
Mais, en référence à notre nouvelle devise ÉCOUTONS LA SCIENCE – COMPRENDRE, AGIR & PROTÉGER, nous attirons l’attention de toutes et tous sur ces quelques points :
- L’absence d’aluminium ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’un adjuvant sûr, sans effets indésirables graves. Ainsi, un adjuvant à base de squalène (lipide précurseur de la fabrication notamment du cholestérol), utilisé dans le vaccin de GSK (Pandemrix) lors de la grippe H1N1 en 2009, a semblé être une alternative. Mais, comme le précise l’OMS, “un risque accru de narcolepsie a été observé chez les personnes vaccinées par rapport à la population non vaccinée.” Ce qui n’empêche pas qu’il soit toujours l’adjuvant de certains autres vaccins…
- Matrix-M (déjà utilisé dans des vaccins commercialisés) se compose de saponines purifiées à partir de l’arbre Quillaja saponaria Molina, combinées avec du cholestérol et des phospholipides (Novavax, 2023). Novavax se veut rassurant : “Les vaccins adjuvantés avec MATRIX-M ont un profil de sécurité favorable et sont bien tolérés dans les essais cliniques”. II s’agit d’un adjuvant sous licence, protégé par le secret industriel, des chercheurs indépendants ne peuvent donc vérifier sa pharmacodynamie et sa pharmacocinétique. Et choisir le nom de Matrix peut paraître bien étrange, voire provoquant…
- L’évaluation des effets indésirables est menée au cours des essais cliniques, et elle se poursuit lors de la mise sur le marché, dans le cadre de la pharmacovigilance. Mais celle-ci est défaillante, comme plusieurs études le montrent depuis plusieurs années. La pharmacovigilance repose, en tout premier lieu, sur le signalement des effets indésirables par les professionnels de santé. Ce signalement est obligatoire (article L5121-25 du code de santé publique), mais cette obligation n’est pas accompagnée de sanctions en cas de non-respect de la loi, et dans la réalité elle n’est pas respectée. Seuls 1 à 10% des effets indésirables sont déclarés (Begaud 2002, Hazell 2006, CRPV 2006 – chiffre confirmé par une thèse de doctorat de 2019).
En conclusion
Ces adjuvants sont peut-être un progrès. Ou peut-être pas.
Il nous est demandé de croire l’industriel sur parole, et de faire confiance à une pharmacovigilance défaillante. Nous sommes bien loin de la loi Kouchner qui prévoit que le patient doit avoir un consentement libre et éclairé des actes et traitements qui lui sont proposés.
Un adjuvant biocompatible, mis au point par l’Institut Pasteur, existe depuis 50 ans : le phosphate de calcium (dossier E3M réalisé en 2015, Revue de Masson & al. 2016 cofinancée par E3M et la Mutuelle Familiale, publication de Perez & al. 2025).
Il est libre de tout brevet. Donc, inintéressant pour l’industrie pharmaceutique? Et les autorités sanitaires et politiques laissent faire ?



