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Vaccination : le comité Fischer passe en force au mépris de la loi

Le 12 janvier 2016, la Ministre de la santé annonçait le lancement d’une concertation nationale sur la politique vaccinale. Objectif : définir les mesures à prendre pour que la population française retrouve confiance dans la vaccination. Le pilotage de cette concertation était confiée à un comité présidé par le Pr Fischer.

Mercredi 30 novembre, le comité présentait le rapport issu de cette concertation lors d’une réunion de clôture.

Les conclusions du comité Fischer sont partiales, elles ne sont pas fidèles aux conclusions des jurys citoyens et professionnels de santé. De plus, les documents officiels mis en ligne le 30 novembre montrent que le comité Fischer n’a pas respecté la loi sur l’indépendance de l’expertise, comme nous l’annoncions dès le mois de juin. Plus grave, il a cherché à le cacher.

Des conclusions partiales et orientées

Depuis janvier 2016, une enquête d’opinion a été réalisée, deux jurys ont mené de nombreuses auditions et un “espace participatif” a recueilli plus de 10 000 contributions. La mission du comité Fischer consistait à gérer cette concertation et à faire remonter les avis d’experts et les attentes de la population.

La question de l’aluminium, produit toxique utilisé dans les vaccins, est ressortie comme l’un des enjeux majeurs de ce débat, tant en ligne que chez les membres des jurys. Mais elle a disparu des conclusions du comité d’orientation.

“Les avis de ces jurys relatifs à la sécurité des vaccins n’ont pas été pleinement pris en compte, alors que cette question contribue à la défiance actuelle de la population envers la vaccination”, Virginie Bagouet (APM – Agence de Presse Médicale, 2 décembre 2016).

Parmi les conclusions du rapport : étendre l’obligation vaccinale à 11 vaccins au lieu de 3 (“pour mieux la lever ensuite”…), faciliter la pratique vaccinale , développer la recherche (notamment sur “l’acceptabilité” de la vaccination par la population), mettre en place un carnet de vaccination électronique, mener des campagnes de communication fortes et à grande échelle. Nous reviendrons en détail sur ces conclusions dans un prochain article.

“Certains sujets ont été balayés d’un revers de main, comme s’ils dérangeaient” (Laurence Cohen, sénatrice)

L’avis des jurys n’a pas été respecté. C’est la première faute du comité Fischer.

Un comité d’orientation qui ne respecte pas la loi…

La ministre de la Santé avait annoncé la constitution d’un comité indépendant. Celui-ci, une fois mis en place, a voulu auditionner E3M, qui a refusé l’invitation le 12 juin 2016 à cause du manque d’indépendance du comité (conflits d’intérêts entre des membres du comité et l’industrie pharmaceutique).

Cette absence d’indépendance dans un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement n’est pas conforme à la loi. Suite à l’affaire du Mediator et à la demande des parlementaires qui voulaient s’assurer d’une expertise indépendante, une Charte de l’Expertise est en vigueur (2013). Elle n’est pas respectée.

Le non-respect de cette Charte de l’expertise est la seconde faute du comité Fischer.

… Et qui essaye de le cacher au dernier moment

Plus grave encore : le comité Fischer a tenté de faire disparaître des éléments gênants du rapport.

Dans les annexes du rapport, nous avons découvert (page 101) que le comité s’était interrogé sur les questions soulevées par le courrier d’E3M du 12 juin. Certains participants avaient clairement rappelé que l’objet du comité était “d’organiser le débat” sans “donner une opinion [ni des orientations] sur la vaccination”, sans apporter “d’influence quelconque”.

A 15h20, ce jeudi 1er décembre, E3M envoyait son second communiqué de presse de la journée. E3M mentionnait cette page 101 des annexes du rapport.

A 15h30, E3M recevait l’appel d’un journaliste, signalant que “la page 101” des annexes disponibles sur le site de la concertation ne comportait pas les propos rapportés par E3M. Quelques minutes plus tard, ce même journaliste rappelait E3M : il avait accédé aux annexes avec, page 101, le texte qu’E3M annonçait !

Nous avons pu nous-mêmes le constater : il existe deux versions des annexes du rapport. L’une (453 pages) comprenant les débats internes du comité sur les conflits d’intérêts et la charte de l’expertise. L’autre (446 pages) qui les a fait disparaître. Selon l’heure de la journée, il était possible d’accéder à l’une ou l’autre version des rapports.

“Cette discussion [suite à l’envoi du courrier d’E3M] est retranscrite dans une des versions des annexes publiées sur le site, l’autre ayant été tronquée de cette partie” (Virginie Bagouet, APM)

A l’heure actuelle, la première version a été rétablie et on ne trouve plus trace de la version amputée de 7 pages.

Cette volonté de dissimuler les preuves est très grave. C’est la troisième faute du comité Fischer.

Conclusion

Face à la méfiance des Français vis-à-vis de la politique vaccinale, le comité Fischer a choisi le passage en force. Extension de l’obligation vaccinale, refus d’entendre les attentes de la population pour des vaccins sans aluminium, mépris pour la démarche de concertation citoyenne et, pire, violation de la loi en refusant d’appliquer la Charte de l’expertise.

L’affaire est grave. Elle contribue à saper un peu plus les fondements de notre démocratie.

E3M va publier dans les prochains jours une analyse détaillée du rapport, afin de mettre en lumière les contre-vérités qu’il contient, et donner les détails et les preuves de l’opération “faire disparaître la page 101”.

Comment agir ?

Nos communiqués de presse :
Communiqué de presse E3M diffusé le 1er décembre à 6h (envoyé le lendemain de la concertation, pour expliquer notre positionnement).
Communiqué de presse E3M diffusé le 1er décembre à 15h20 (envoyé lorsque nous avons découvert les annexes du rapport et les débats internes du comité d’orientation sur les conflits d’intérêt, où nous dénonçons le non-respect de la charte de l’expertise).
Communiqué de presse E3M diffusé le 1er décembre à 17h (envoyé lorsqu’une journaliste de l’APM nous a averti qu’il existait deux versions du rapport, l’une avec les 7 pages de débats internes sur les conflits d’intérêts, l’autre sans).

Et voici trois autres réactions aux conclusions de cette concertation :
Communiqué de presse de l’APM diffusé le 2 décembre à 17h
Article du Formindep du 3 décembre
Communiqué de presse de Laurence Cohen diffusé le 2 décembre à 18h

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