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“La fabrique du mensonge”, un livre choc sur les pratiques des multinationales

De nombreuses découvertes scientifiques et technologiques ont favorisé, au cours du 20ème siècle, un développement économique censé apporter la croissance et le bonheur à ceux qui en bénéficiaient. Quelques dizaines d’années plus tard, le revers de la médaille est là. Amiante, perturbateurs endocriniens, aluminium, sans oublier mercure, ondes électromagnétiques et produits chimiques envahissent notre quotidien… Ces produits génèrent des millions de victimes, à tel point que l’espérance de vie en bonne santé diminue et que le nombre de morts dues aux maladies non transmissibles augmente et dépasse à présent celui des maladies transmissibles.

Pour éviter toute remise en cause de leurs activités, les multinationales de l’industrie ont fait le choix de travestir la réalité, en mobilisant des chercheurs (en interne, mais aussi des « leaders d’opinion » du service public hospitalier) afin de distiller le doute sur les découvertes des « lanceurs d’alerte ». C’est la “fabrique du mensonge” explicitée par Stéphane Foucart dans son livre éponyme paru en avril 2014 aux éditions Gallimard Folio(1). Dans cet ouvrage toujours d’une brûlante actualité, ce journaliste du Monde décortique plusieurs exemples (cigarette, amiante, climat, insecticide, perturbateurs endocriniens, OGM) où les industriels de ces secteurs cherchent à contrer une science qui pourrait les empêcher de poursuivre leurs activités. Créer du doute permet de gagner du temps…

Ces méthodes, l’industrie pharmaceutique les utilise elle aussi pour éviter toute remise en cause, notamment de l’aluminium utilisé comme adjuvant vaccinal.

Décryptage général

Les premières preuves de responsabilité du tabac dans la survenue du cancer du poumon datent de 1953. En décembre 1976, l’amiante est classée comme cancérogène avéré pour l’homme. En 1987, est signé le protocole de Montréal (interdiction de certains gaz nocifs pour la couche d’ozone), et le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est lui-même créé en 1988.

« Étonnamment », deux jours avant le Sommet de la terre de Rio, en juin 1992, paraît en Europe l’Appel de Heidelberg : « les principaux maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression, et non pas la science, la technologie et l’industrie. » Ce texte, signé par les plus grands noms de la science internationale, est préparé et promu par des scientifiques français. Parmi eux Marcel Valtat, fondateur de CES (Communications Économiques et Sociales), un des premiers cabinets spécialisés qui se chargera de la promotion des entreprises de la chimie, la pharmacie, l’amiante… Marcel Valtat jouera notamment un rôle central dans la création du CPA (Comité Permanent Amiante, dont nous parlerons plus loin), « un formidable éteignoir. Nous, les opposants à l’amiante, nous nous sommes retrouvés marginalisés. Nous avons alors plongé dans un trou historique de douze ans » (Henri Pezerat, cité par Le Monde). Un processus que l’on retrouve au fil des sujets qui suivent…

Mais l’industrie n’est pas seule en cause. Comme l’indique Stéphane Foucart : « les agences de sécurité sanitaire agissent à l’inverse de leur mission : elles brouillent la connaissance scientifique, injectent un doute illégitime dans le débat public et paralysent ou retardent l’action politique. »

L’Industrie du tabac sera la première à orienter les recherches pour manipuler l’opinion

En décembre 1953, la responsabilité du goudron dans le cancer du poumon est démontrée expérimentalement.

Les industriels confient alors leur défense à un cabinet d’avocats (Hill & Knowlton). Les conseils sont précis : « il ne faut pas aller contre la science, il faut la détourner. Il ne faut pas entraver la recherche, il faut l’encourager, la rémunérer, l’orienter ». Un Conseil de Recherche est créé (il deviendra le CTR – Council for Tobacco Research). Il décidera de multiplier les études afin d’éviter la focalisation sur le tabac et il construira ainsi de fausses controverses. Une « franche déclaration aux fumeurs de cigarettes » (Frank Statement to Cigarette Smokers) est publiée dans 448 journaux : « nous ne nions pas qu’il puisse y avoir un problème, nous allons même participer à l’effort de recherche pour le cerner avec certitude et, si besoin, le régler ». Une liste de questions à traiter en priorité est alors rapidement élaborée pour parler autour du tabac, tout en évitant de traiter de sa nocivité : “pourquoi, à consommation égale de tabac, le taux de cancer du poumon varie-t-il selon les villes ?”, “quelles sont les causes génétiques du cancer du poumon ?”…

Le caractère cancérigène du tabac est officiellement reconnu aux Etats-Unis en 1964. En 1981, les Japonais (Takeshi Hirayama) démontrent la nocivité du tabagisme passif.

Mais en 1988 apparaît le projet Cosmic, initié par Philip Morris, qui associe de nombreux universitaires et vise à organiser et rémunérer les recherches, mettre en place des conférences internationales, informer les journalistes : près de 1000 articles générés entre 1989 et 2005 dans plus de 20 pays. Le tabac apparaît de plus en plus comme un des plaisirs de la vie apportant certains avantages (aide à la mémoire…).

Jean-Pol Tassin, en France, publie des recherches banalisant l’usage du tabac, ou critiquant les patchs. Il sera nommé en 2000 à la Présidence du Conseil Scientifique de la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (en 2011, il interviendra aussi en défense du laboratoire Servier). Comme le précise Stéphane Foucart :

« Les chercheurs financés par le tabac publient une science qui certes apporte des connaissances nouvelles — il n’y a aucun lieu de penser qu’elle soit frauduleuse — mais qui avance guidée par les stratégies de communication des industriels. Le lien de subordination qui s’instaure lentement entre la structure détenant l’argent et les individus qui l’utilisent pour produire des connaissances transparaît dans de petits détails de la correspondance [avec l’industriel] ».

L’industrie du tabac aura donc mis au point 2 techniques complémentaires afin de contourner les alertes lancées par des scientifiques indépendants, elles seront par la suite reprises par d’autres secteurs industriels :
-> Se constituer une « écurie d’experts » et créer un « Funding Effect » : les chercheurs qui ont été financés se souviennent par la suite des intérêts de leurs financeurs.
-> Diluer un problème grave par la documentation sur des problèmes secondaires, et ainsi créer la controverse…

L’interdiction de fumer dans les lieux publics n’interviendra en France qu’en 2007 – 26 ans de perdus.
La cigarette a tué environ 100 000 000 de personnes au XXème siècle (OMS). Les prévisions pour le XXIème : 1 Milliard de morts.

L’industrie de l’amiante ira même plus loin en dictant les politiques publiques

Le Comité Permanent Amiante (CPA), initié par Marcel Valtat regroupe industriels, scientifiques et administrations dans une structure où toute décision exige l’unanimité. Le CPA a accrédité en Europe l’idée qu’il existe une quasi innocuité de l’amiante à faible dose.

Nous empruntons ce qui suit à Benoit Hopquin (Le Monde – 22 avril 2005) :

« Les réunions du comité se tiennent dans les locaux de Communications Economiques et Sociales (CES). Marcel Valtat en assure le secrétariat et l’ordre du jour. Personne ne trouve à y redire, comme personne ne juge anormal que le budget de fonctionnement soit entièrement assuré par les industriels, via le CES qui reçoit plus de 100 000 euros par an pour ce faire. Les voyages d’étude sont de la même manière entièrement financés par les lobbies français et international de l’amiante. (…)
Pendant ces années où se succèdent gouvernements de droite et de gauche, la structure se revendiquant comme « un lieu vide » va dicter en toute discrétion la politique en matière d’amiante à un Etat singulièrement passif. (…)
En 1992, dans une école de Pontoise (Val-d’Oise), enseignants et parents découvrent la présence massive d’amiante dans les faux plafonds et s’inquiètent. Le maire ferme les classes. Un instituteur prévient la CGT… qui renvoie sur le CPA. Pas moins de cinq membres du comité participent alors à une réunion publique à Pontoise. Selon les procès-verbaux de Marcel Valtat, leur « témoignage rassure les parents et permet de dédramatiser la situation ». L’école est rouverte.

Le comité contribue également à l’argumentaire de l’Etat dans les décisions internationales. En 1986, quand les Etats-Unis envisagent une première fois d’interdire l’amiante, la France intervient pour émettre un avis négatif, fondé sur un rapport du CPA. « Il faut noter que (notre) démarche a été totalement relayée par l’administration française », se félicite Marcel Valtat, le 30 septembre. Poussée par l’Allemagne, la Communauté européenne s’interroge également, en 1991, sur une interdiction pure et simple, questionnement d’autant plus fort que le siège de la Commission à Bruxelles, le Berlaymont, est truffé d’amiante. Le CPA va alors procéder à un intense lobbying dans les couloirs de la Commission afin d’empêcher toute prohibition. La France contribuera grandement à geler la situation. »

amiante

Le dérèglement climatique nié grâce aux think tanks

Les entreprises incommodées par la question climatique, et notamment l’industrie pétrochimique, ont eu massivement recours, depuis les années 1990, à une galaxie de think tanks, ces « laboratoires d’idées » qui ont propagé dans la sphère publique un discours pseudo-scientifique pour contrer les sciences du climat et insinuer le doute dans la population. « Vous devez continuer à faire du manque de certitude scientifique une question centrale du débat » écrit un consultant aux membres du Parti Républicain (Etats-Unis).

Les Think Tank jouent ici un rôle essentiel. Par exemple l’International Center for a Scientific Ecology (ICSE), imaginé et mis sur pied par les professionnels français de l’amiante et cofinancé par d’autres industriels, dont les cigarettiers américains et l’industrie pétrochimique. L’un des membres de son Conseil Scientifique, Fred Singer, nie les risques des CFC (chlorofluorocarbures) pour l’ozone, le lien entre les pluies acides et le dioxyde de soufre, les dangers de l’amiante et le dérèglement climatique. En France, Vincent Courtillot (directeur de la Recherche de Claude Allègre lorsque celui-ci était Ministre de l’Education Nationale et de la Recherche) adresse aux membres de l’Académie des Sciences des informations inexactes ou tronquées, en s’appuyant sur les travaux de Fred Singer.

Le soutien financier apporté par de grandes entreprises à cette armada de think tanks climato-sceptiques est souvent très critiqué par les ONG voire, dans certains cas, par des sociétés savantes. L’une des lignes de défense choisies par les industriels est simplement de dire qu’un soutien financier identique ou comparable est apporté à telle ou telle ONG écologiste. Dans la droite ligne des principes imaginés par les cigarettiers, l’important n’est pas tant de nier en bloc la science que de la mettre suffisamment en question pour susciter du doute. Le fait que des approches contraires puissent s’opposer n’est pas un problème : c’est précisément l’« équilibre » entre les positions des uns et des autres qui est, in fine, recherché.
Un équilibre avec d’un côté la sincérité et de l’autre le mensonge.

La disparition des abeilles et les insecticides: là aussi, générer le doute…

Dans les 30 dernières années, environ 300 millions d’oiseaux ont disparu en Europe, du fait notamment de la disparition des insectes dont ils se nourrissent et dont l’effondrement des abeilles est la part la plus visible et la plus médiatique.

L’accélération du déclin des abeilles domestiques remonte aux années 1990 et coïncide dans le temps avec l’introduction d’une nouvelle classe d’insecticides, dits « néonicotinoïdes » (Cruiser, Gaucho, Poncho, etc.).

Un réseau de surveillance est mis en place par les services de l’Etat. Mais « il souffre d’un manque de déclarations de la part des apiculteurs et de difficultés dans son fonctionnement, qui ne permettent pas, aujourd’hui, l’émission de données exploitables dans ce rapport » (Afssa – 2009).
Cette absence de savoir offre un boulevard aux agrochimistes. Par le biais de leurs porte-parole officiels ou officieux, ou par le truchement de « scientifiques amis », ils vont systématiquement pousser l’idée qu’il faut chercher les causes du déclin des abeilles dans leurs pathogènes naturels. De fait, les ruchers sont victimes d’une somme considérable d’adversaires naturels. Cependant, la plupart de ces pathogènes sont connus de longue date et, lorsqu’ils semblent être émergents — comme le frelon asiatique, introduit en France vers 2004 —, ils ne sont pas implantés partout et ne peuvent expliquer le caractère mondial du déclin observé.

En France, de nombreuses unités mixtes de recherche se sont formées depuis quelques années entre le CNRS, l’INRA et Bayer, BASF ou encore Syngenta. À n’en pas douter, ces partenariats sont utiles pour produire certaines connaissances, mais il est à craindre qu’ils créent des conditions propices à retarder la production d’autres savoirs. Ainsi, par exemple, Syngenta et les organismes de recherche publics continuent à financer la recherche sur les causes du déclin des abeilles et oublient de déclarer leurs liens d’intérêt. Leur conclusion est toujours : il faut plus de recherche, plus de preuves, on ne peut changer les règles sur de simples présomptions, les doses infimes sont sans danger, privilégions la science authentique, etc…

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Cette attention excessive portée aux pathogènes naturels, au détriment des risques chimiques, a d’importantes conséquences. Notamment lorsqu’il s’agit de faire la synthèse des connaissances accumulées sur la question du déclin des pollinisateurs.
C’est ce que font, à intervalles réguliers, les agences de sécurité sanitaire — comme la défunte AFSSA en France, ou l’EPA aux États-Unis. Leur rôle est crucial. Or ces agences s’appuient sur les universités et les organismes publics de recherche qui sont, de manière croissante, des alliés de l’industrie.

De ce fait et dans certaines circonstances, les agences de sécurité sanitaire agissent à l’inverse de leur mission : elles brouillent la connaissance scientifique, injectent un doute illégitime dans le débat public et paralysent ou retardent l’action politique.
Résultat : les pesticides systémiques restent utilisés dans le monde entier et il n’y a plus de territoires exempts de néonicotinoïdes dans les pays du Nord…

Les perturbateurs endocriniens, même à faible dose, sont nocifs. L’industrie fera tout pour ralentir la prise de conscience

Apparemment, le monde va mieux : les épidémies se font rares, l’hygiène et la traçabilité progressent… Mais nous avons troqué le visible contre l’invisible et l’intoxication aiguë contre l’empoisonnement chronique. Les perturbateurs endocriniens (bisphénol, phtalates…) sont omniprésents. Les cancers augmentent (celui de la prostate, en données corrigées des effets d’âge, a été multiplié par 5 en 30 ans, celui du sein a doublé, celui des testicules chez les jeunes hommes de 25-34 ans a triplé), les troubles de la fertilité augmentent (- 30% de spermatozoïdes en 15 ans) avec un seuil d’infertilité possible pour 2030 en France, l’obésité infantile progresse et les troubles de la sphère autistique augmentent de manière vertigineuse, comme l’indique ce schéma :

evolution-autisme

Mais le principe de Paracelse (médecin du XVIème S.) régit toujours la science et surtout l’industrie : « c’est la dose qui fait le poison ». Ce principe fonde toute la toxicologie légale des DJA (Doses Journalières Admissibles).
En 1991, Théo Colborn et une vingtaine de scientifiques (immunologistes, endocrinologues…) rédigent la « déclaration de Wingspread » qui synthétise les risques nouveaux dont les « perturbateurs endocriniens », avec au premier plan le Bisphénol A.

L’industrie réagit avec des tentatives de corruption, publie de nouvelles recherches qui se révèlent biaisées (souche de rongeurs différente et moins sensible ; choix d’une nourriture animale spécifique…) ou finance certains chercheurs pour qu’ils publient des recueils de « bonnes pratiques » ou des reviews qui leur soient favorables… Ainsi, « En 2004, une revue de littérature est publiée dans Human and Ecological Risk Assessment avec une conclusion rassurante : pas de problème avec le bisphénol A à faible dose. Les études qui trouvent des effets ne sont pas solides et d’autres travaux n’en trouvent aucun. La sécurité du produit est assurée ». Mais à bien examiner cette review, quelques étrangetés apparaissent. D’abord, elle est financée par l’American Plastics Council — Philip Morris a déjà démontré que l’on n’était jamais si bien servi que par soi-même. Ensuite, seules dix-neuf études sont passées en revue par les auteurs. Pourquoi seulement dix-neuf alors qu’en 2004 bien plus étaient disponibles dans la littérature scientifique ? Et enfin, c’est le Harvard Center for Risk Analysis (HCRA) qui les a réunis et les a fait travailler – un centre dont l’ancien directeur gérait la communication de Philip Morris sur les risques du tabagisme passif et touchait encore des subventions du cigarettier au début des années 2000.

En 2006, les endocrinologues, réunis à l’initiative du National Institute of Environmental Health Sciences, publient le Consensus de Chapel Hill sur les effets du Bisphénol A : ils concernent la quasi-totalité de la population et pourraient expliquer l’accroissement de beaucoup de maladies telles que cancer, diabète, troubles de la reproduction… Une review publiée par Endocrine Reviews en 2012 confirme que les perturbateurs endocriniens peuvent avoir des effets nocifs à très faible dose.

Pourtant le statu quo réglementaire perdure toujours, sur la base des études commandées par l’industrie et acceptées par les agences européennes. Des agences épinglées en 2012 par la Cour des Comptes Européenne : « aucune des agences auditées ne gère les situations de conflit d’intérêt de manière appropriée ».
En 2011 en France, l’Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – interdit le Bisphénol A à compter de 2015. Mais l’Agence européenne n’ayant pas encore modifié sa position, le Bisphénol A reste autorisé pour le reste de l’Europe…

L’omerta sur l’aluminium utilisé comme adjuvant vaccinal serait-elle liée aux mêmes pratiques ?

Nous considérons que le décryptage de Stéphane Foucart sur la fabrique du mensonge, à partir des exemples précédents, est un modèle qui a, certainement, de nombreux champs d’application.
Dans le domaine de la vaccination nous retrouvons ces mêmes procédures, ces mêmes manœuvres de l’industrie qui visent à éviter toute remise en cause de l’aluminium utilisé comme adjuvant vaccinal.

En 1974, le très respecté Institut Pasteur décide, au vu de publications scientifiques en nombre croissant, de retirer l’aluminium de tous ses produits. Il le remplace par le phosphate de calcium, un composant naturel de l’organisme, qui donne toute satisfaction. L’histoire aurait pu s’arrêter là, pour le plus grand bonheur de l’humanité ! Mais en 1986, l’Institut Mérieux, qui a acquis la branche production de vaccins de l’Institut Pasteur décide, au grand dam des chercheurs de Pasteur, de remettre l’aluminium à la place du phosphate de calcium… Intérêt financier, pour ne pas avoir à changer ses propres chaînes de fabrication (comme le reconnaît son dirigeant de l’époque, le Dr Marc Girard), ou autres intérêts plus subtils, liés à ses relations avec Péchiney, fabricant d’aluminium, qui ne peut accepter la mise en cause de son produit, sous quelque forme que ce soit…

Louis Pasteur dans son laboratoire de l'Ecole normale supérieure. Huile sur toile par Edelfelt (1854-1905) en 1886.

Louis Pasteur dans son laboratoire de l’Ecole normale supérieure. Huile sur toile par Edelfelt (1854-1905) en 1886.

7 ans plus tard (1993), sera découvert le premier cas de myofasciite à macrophages (une lésion musculaire atypique liée à des manifestations neurologiques très invalidantes). Il faudra 5 ans pour en comprendre l’origine : l’aluminium utilisé comme adjuvant vaccinal. Branle-bas de combat, réunions à l’Agence du Médicament (Afssaps), à l’OMS, une étude cas-témoins est lancée. Ses conclusions sont claires : les malades ont un niveau de douleurs et d’épuisement important, leur historique en injection de vaccins aluminiques est notoirement différent de celui des témoins, il convient de mener des études complémentaires pour avoir confirmation d’un lien avec l’aluminium vaccinal. L’Afssaps réunit son conseil scientifique : « inutile de continuer les recherches, symptômes aspécifiques, nombre de personnes concernées peu important, ce n’est pas un problème de santé publique ». Un avis du Conseil Scientifique que Gérard Bapt, député et président de la mission parlementaire sur le Mediator, qualifiera de « pourri de conflits d’intérêts », au vu notamment des liens étroits existant entre les trois rapporteurs de l’étude et l’industrie pharmaceutique (voir l’annexe 3 de notre rapport).

Les alertes sur l’aluminium vaccinal existent depuis les années 1970. Elles émanent de membres d’agences sanitaires européennes et américaines (voir notre dossier ou notre site web), de scientifiques français, nord-américains, israéliens, anglais, espagnols, portugais, des alertes sans lendemain…

Car l’industrie pharmaceutique a mis en oeuvre les mêmes procédés que ceux rapportés par Stéphane Foucart. La plupart des scientifiques qui conseillent le gouvernement en matière vaccinale sont ainsi très liés à l’industrie, comme nous le montrons dans notre rapport.

La fabrique du doute est devenue la norme, la divulgation de rumeurs malveillantes prend le pas sur les échanges d’arguments scientifiques… Il n’est donc pas étonnant de constater que la plupart des rapports officiels français sont basés sur le mensonge et la partialité :
-> Choix de l’Académie de Médecine puis du Haut Conseil de Santé Publique de ne pas rencontrer les lanceurs d’alerte français ;
-> Choix d’éliminer les références scientifiques « gênantes » (rapport du Haut Conseil de Santé Publique de 2013 disponible ICI, et notre réponse ICI) ;
-> Choix de continuer à se référer aux “doses journalières” chères à Paracelse (« force est de reconnaître que les rares injections intramusculaires de petites doses d’aluminium vaccinal ne pourraient être tout au plus responsables que de troubles cognitifs inconstants » – Académie de médecine 2012 – rapport disponible ICI, et notre réponse ICI avec nos observations ICI) ;
-> Choix d’utiliser des arguments scientifiques inconséquents (« il est peu probable que l’aluminium apporté par les vaccins ait une influence significative sur le risque d’exposition à l’aluminium en général » – conclusion de l’Académie de médecine en 2012 se référant à UNE étude sur UN lapin menée en 1997)…

Nous pourrions aussi évoquer ces séances de formation continue sur la vaccination, truffées de contre-vérités, à destination des médecins généralistes. Une formation continue assurée par des organismes (Infovac…) financés (discrètement) par l’industrie pharmaceutique. Infovac qui se revendique “indépendant”…

Nous pourrions aussi présenter un courrier de Jean Marimbert, Directeur de l’Agence du Médicament (Afssaps) recommandant fortement en 2010 de soutenir les recherches menées par l’INSERM sur l’aluminium vaccinal, et les refus systématiques apportés aux demandes de financement de l’INSERM tant par l’Agence Nationale de la Recherche, que par celui qui succédera à Jean Marimbert à la tête de l’Agence du Médicament, devenue ANSM.

Et tout comme les industriels de l’amiante affirment « on ne sait pas faire sans amiante », l’industrie pharmaceutique clame sans relâche « il n’y a pas d’autre adjuvant que l’aluminium ».

Un mensonge que toutes les autorités sanitaires répètent en boucle. Il aura fallu que le Pr Floret quitte ses fonctions de Président du Comité Technique des Vaccinations (l’instance officielle qui conseille le gouvernement pour sa politique vaccinale) pour qu’il déclare quelques jours plus tard : « le phosphate de calcium n’est pas moins efficace que l’aluminium » (voir notre communiqué).
Le phosphate de calcium, ce composant naturel de l’organisme que l’Institut Pasteur avait choisi d’intégrer dans ses vaccins en remplacement des sels d’aluminium, dès 1974…

Comme le rappellent Reporterre et le Pr Philippe Even, « Il y a 10 ans, un rapport de la Chambre des Communes anglaises sur l’industrie pharmaceutique concluait : « Elle est maintenant hors de tout contrôle. Ses tentacules s’infiltrent à tous les niveaux » ».

Sans doute peut-on élargir le propos à l’ensemble des industries mises en cause dans le livre de Stéphane Foucart. Pour Abraham Lincoln, la démocratie était « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Est-il encore temps de s’en rappeler ?

Stéphane FOUCART
LA FABRIQUE DU MENSONGE
Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger
Editions Gallimard Folio – Avril 2014


(1) Stéphane Foucart s’est notamment appuyé sur les investigations de Naomi Oreskes et Erik M. Conway rapportées dans « Les marchands de doute », Paris, Le Pommier, 2012.

Crédits photo :
1 – Environnement et énergie
2 – France Nature Environnement
3 – Pays de Pasteur

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